Nous ne savons jamais si nous trouvons ce que nous cherchons, ou si nous cherchons ce que nous trouvons.
Henning Mankell

Royal !

Où l’on redécouvre un monde oublié.

Musée du Louvre, vue de la cour Khorsabad. Photo : © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Angèle Dequier

Paris, mai 1847. C’est jour de fête au Louvre. Le roi Louis-Philippe inaugure un nouvel espace : le musée assyrien ! Bientôt, le public admirera les gigantesques taureaux ailés et les fabuleux décors sculptés de cet empire disparu il y a près de 2 500 ans. Mais c'est aussi le couronnement du travail d’un homme, Paul-Émile Botta…

Car c’est à lui que l’on doit ces découvertes. Consul de France à Mossoul, en Irak, il se lance dans un projet fou : retrouver Ninive, la fameuse capitale de l’empire assyrien dont parle la Bible.

À quelques kilomètres de Mossoul, ses fouilles révèlent un site archéologique aussi riche qu’étendu. Mais contrairement à ce que croit Botta, il ne s’agit pas de Ninive, mais de Khorsabad, le palais du roi Sargon II.

En deux ans, Botta voit de nombreuses œuvres d'art sortir de terre. Il voudrait tout envoyer à Paris ! Cela peut paraître étonnant aujourd'hui mais à l’époque, rien ne l’en empêche… Sauf peut-être les moyens : quand les crédits manquent et que le chantier de fouilles ferme, il doit se contenter d'une sélection.

Un long voyage de trois ans commence alors, par terre et par mer, pour les vestiges de Khorsabad. Il fallait bien cela pour que, enjambant deux millénaires et demi, le roi de France admire la grandeur du roi d’Assyrie.

Félix Thomas, Visite du pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad, ancienne Ninive, 1863, huile sur toile, 100 x 160 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2010 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle