Mourir est un exercice compliqué.
Mario Bolduc

La fin du voyage ?

Où l’on surmonte un vrai parcours du combattant.

Livre des morts, vers 1400 avant notre ère, papyrus, peinture, 31 x 630 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2010 Musée du Louvre / Georges Poncet

En Égypte antique, mourir est une sacrée aventure ! Immédiatement après son passage de vie à trépas, le mort débute en effet un long et périlleux voyage vers l’au-delà. Heureusement, les Égyptiens ont écrit un guide pratique pour rendre le périple plus aisé : le Livre des morts.

Sans lui, naviguer dans l’au-delà reviendrait à rouler dans le noir tous phares éteints. On glisse donc ce petit ouvrage à portée d’œil du défunt : dans son tombeau, voire entre les bandelettes de sa momie.

Car le passage vers le monde des morts est semé d'embûches. Grâce aux formules magiques du livre, le défunt peut traverser différentes portes protégées par de redoutables gardiens. S’il surmonte toutes ces péripéties sans égratignure, il arrive enfin à l’étape la plus importante et la plus redoutée… la pesée du cœur.

C’est en pesant cet organe dans sa balance qu’Osiris, le dieu des morts, décide ou non d’accueillir le défunt dans son royaume. Pour cela, le cœur est placé sur l’un des plateaux et sur l’autre, la déesse de la justice Maât dépose sa plume. Si le cœur est mauvais, et donc plus lourd que la plume, dommage… le défunt est dévoré par un monstre et disparaît à tout jamais. S’il s'équilibre avec la plume, à lui l’au-delà pour l’éternité !

Cercueil momiforme, vers 1295-1069 avant notre ère, bois doré, stuqué, peint et incrusté, 43 x 192 x 59,5 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2002 Musée du Louvre / Georges Poncet