Le coq se lève tôt ; mais le voleur, encore plus tôt.
Alexis Tolstoï

L’air de rien

Où l’on enquête sur le plus grand vol du 20e siècle.


Léonard de Vinci, La Joconde, vers 1503-1518, huile sur bois, 77 x 53 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2007 Musée du Louvre / Peintures

21 août 1911. Un gardien du Louvre effectue son tour des salles avant l’ouverture du musée. Ce matin, un tableau n’est pas à sa place. Notre gardien se dit qu’un conservateur a dû la déplacer. Il ne pense pas un instant qu’il puisse s’agir d’un vol. Qui oserait dérober La Joconde de Léonard de Vinci ?

Mais le lendemain, le tableau n’a toujours pas refait surface. Le Louvre est fouillé de fond en comble. Seuls le cadre et la vitre protectrice sont retrouvés dans un escalier. Tout le personnel est interrogé, et les contrôles aux frontières sont renforcés. On ne plaisante pas avec Mona Lisa.

Hélas, l’enquête piétine fâcheusement. Après deux ans sans piste sérieuse, tout s’accélère soudain : La Joconde réapparaît à Florence, en Italie ! Le voleur, Vincenzo Peruggia, un peu naïf, a proposé à un marchand d’art de lui acheter le chef-d’œuvre.

Ouvrier au musée, cet Italien passait chaque jour devant le tableau de Léonard de Vinci et enrageait de le voir en terre étrangère. Alors un jour, il regarde La Joconde lui sourire, s’arrête, la décroche, enlève le cadre puis part avec le panneau de bois peint caché sous sa blouse. Tout simplement…

La Joconde est revenue, Journal Excelsior, 1er janvier 1914