L’erreur est humaine, persévérer est diabolique.
Proverbe latin

Trésor, mon beau trésor

Où l’on apprend qu’il vaut mieux ranger soigneusement ses papiers.

1194. Catastrophe à Fréteval ! Le roi Philippe Auguste et ses hommes viennent d’être pris en embuscade par les ennemis anglais. La défaite est cuisante. Et pire encore, les Anglais en ont profité pour détruire un véritable trésor…

Ce trésor n’est pas constitué d’or, mais il n’en est pas moins précieux. Il s’agit des archives royales, qui consignent les décisions du souverain. Jusque-là, Philippe Auguste et ses prédécesseurs les transportaient toujours avec eux, même sur le champ de bataille. Grosse erreur : tout a brûlé !

Refroidi par la situation, le roi ordonne la création de dépôts pour ses nouvelles archives. Parmi eux, on sélectionne sans doute le donjon d’une forteresse tout juste terminée et réputée imprenable : celle du Louvre, située du côté de Paris. Là, au moins, on est sûr que la mésaventure de Fréteval ne se reproduira pas…

D’ailleurs, les rois se mettront à conserver de nombreux biens précieux dans le fameux donjon. Joyaux, pièces d’or, tissus précieux… Ainsi que des prisonniers de marque, dont la rançon peut rapporter gros au roi. Le comte Ferrand de Flandres, par exemple, passera treize ans sous bonne garde, au Louvre !

Le comte Ferrand fait prisonnier, vers 1330, enluminure, Grandes Chroniques de France, Bibliothèque municipale de Chartres