Les visites font toujours plaisir, si ce n’est en arrivant, du moins en partant.
Jean de La Bruyère

Il a mauvaise mine, non ?

Où l’on rencontre un roi en plein ménage de printemps.

1540. On s’active dans le palais du Louvre. Dans quelques jours, le roi François Ier doit y recevoir son rival de toujours, l’empereur Charles Quint. Pour une telle visite, on met les petits plats dans les grands ! Mais François Ier a un peu honte de sa résidence parisienne…

Certes, il a fait abattre le donjon de la cour centrale, quelques années plus tôt. Depuis, la lumière pénètre beaucoup plus dans les appartements. Hélas, pour le reste, il est encore à l’étroit dans les murs du vieux Louvre médiéval, qui se délabre petit à petit.

Alors, avant l’arrivée de Charles Quint, une flopée de petites mains s’occupe de lustrer le palais, pour lui donner une meilleure apparence. On s’occupe de mille réparations : on redore les girouettes sur les toits, on peint les emblèmes du roi, certaines fenêtres sont agrandies… Et cela, sans faire attention aux dépenses.

Grâce à ce chantier, François Ier peut accueillir Charles Quint dignement. Mais l’épisode lui a fait comprendre qu’il fallait être plus ambitieux. Avec de plus gros travaux, il pourrait enfin habiter dans un Louvre à sa mesure !

Antoine-Jean Baron Gros, Charles Quint reçu par François Ier à l'abbaye de Saint-Denis (1540), entre 1800 et 1825, huile sur bois, 269 x 167 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2010 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado