L’achèvement du Louvre n’est pas le caprice d’un moment, mais la réalisation d’un plan conçu (…) pendant plus de 300 ans.
Napoléon III

À mon tour !

Où l’on découvre un empereur qui s’arrange légèrement avec la vérité.

Ange Tissier, Visconti présente à Napoléon III les plans du 'nouveau Louvre', 1853, huile sur toile, 182,5 x 245,5 cm, Musée du Louvre, Paris. Photo : © 2016 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux

Décembre 1851. Coup d’État en France ! Louis Napoléon Bonaparte vient de s’arroger tous les pouvoirs. Le neveu de Napoléon Ier a désormais les mains libres pour créer le Second Empire… Et à Paris, il a une priorité.

Il veut achever le "Grand Dessein", ce vieux projet poursuivi depuis plusieurs siècles. Il s’agit de réunir le Louvre et les Tuileries, où l’empereur est installé, dans un unique grand palais. Pour le tout nouveau Napoléon III, c’est l’occasion de montrer qu’il est efficace. Après tout, ses prédécesseurs ont tous tenté d’accomplir cette tâche mais jamais réussi…

Des travaux pharaoniques se lancent donc entre le Louvre et les Tuileries. Pour atteindre son objectif, Napoléon III met toutes les chances de son côté. Entre 500 et 3 500 ouvriers, selon les périodes, œuvrent en même temps sur le chantier. Comme il faut faire vite, on leur refuse une cantine et on les fait même parfois travailler le dimanche.

Résultat : dès 1857, Napoléon III peut inaugurer le "Grand Dessein" achevé. C’est un véritable triomphe. Mais en réalité, l’empereur triche un peu : seuls les murs sont finis, il reste à décorer l’intérieur. Une tâche immense qui mettra des décennies à être réalisée !

Édouard Baldus, Louvre, le pavillon Colbert en travaux, 1856, photographie, Musée d'Orsay, Paris. Photo : © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski